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lapin · Administrateur

23-09-13 00:05:43

11-07-11 · 13 887

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La cassette audio « revient », mais pas autant que le vinyle


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Depuis plusieurs mois, on peut lire ici et là que la cassette audio revient, qu’elle complète à merveille le retour en forme du vinyle et que, l’air de rien, elle a réussi à imposer ses caractéristiques formelles, son coût peu élevé et sa maniabilité. Suffisant pour parler de « revival » ?


Pas pour Virginie Berger, spécialiste du marketing musical et fondatrice de l’agence DBTH, spécialisée dans les technologies émergentes :

« Cela fait plusieurs années que beaucoup de labels indés proposent des K7. Certains ne se sont même jamais arrêtés d’en produire. On ne peut donc pas parler de “revival”. »

Des ventes plus faibles que celles du vinyle



Alan Williams, directeur de Tapeline LTD, un des principaux fournisseurs de cassettes en Europe, confirme :

« Je ne pense pas qu’une simple mode aurait pu tenir aussi longtemps. Or, depuis six ans, le marché est en constante augmentation. »

Il reste cependant très difficile de connaître les chiffres exacts de ventes de cassettes en 2013, explique-t-il :

« Le marché est tellement lié à l’activité des labels spécialisés qui exercent la plupart du temps hors des circuits de distribution classiques qu’il est vraiment compliqué d’avoir les chiffres. Ce qui est certain, c’est que les ventes de K7 sont nettement plus faibles que pour le vinyle. »

En allant fouiller du côté d’Analogue Media Technologies (société également connue sous le nom Duplication et créée en 1989 pour aider les groupes dans leur démarche marketing), on se rend toutefois compte que les cassettes représentent 25% de leurs ventes. Un chiffre conséquent pour une société qui avait longtemps mis ce format de côté.


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Dans un reportage de la BBC, Fernando Baldeon, représentant des ventes chez AMT, confirme :

« La machine à pressage tourne sans arrêt. C’est difficile de chiffrer, mais je dirais que l’on produit entre quatre et cinq fois plus de cassettes qu’il y a cinq ans. »

Au Royaume-Uni, deux millions de K7 par an



Même son de cloche chez Tapeline LTD. Alan Williams :

« Notre activité est croissante sur tous les aspects, que ce soit pour les cassettes ou pour tous les accessoires qui peuvent aller avec. Bien sûr, cela n’est pas comparable avec les chiffres d’il y a une vingtaine d’années, mais on n’avait pas connu un tel pic depuis la période 80/90 [au Royaume-Uni, 2 millions de cassettes sont produites chaque année, contre 500 millions dans les années 80 et 90, ndlr].

Le plus étrange, c’est qu’avant on avait peu de clients, mais des grosses commandes. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Par exemple, lors d’une semaine classique dans les années 90, on aurait eu affaire à dix clients qui passeraient chacun une commande de 1 000 cassettes. Aujourd’hui, on voit passer entre 200 et 300 clients par semaine pour des commandes allant de 25 à 200 cassettes. Dépasser les 500 cassettes sur une commande est extrêmement rare. »




Autre changement majeur : Tapeline LTD qui, il y a vingt ans, ne vendait jamais à l’étranger, exporte désormais 50% de sa production hors du Royaume-Uni.

En toute logique, si la production de cassettes augmente, c’est que les artistes (Dirty Beaches, Dinosaur Jr, Dirty Projectors, Deerhunter, etc.) et surtout les labels suivent :

d’un côté, il y a ceux qui en vendent depuis plusieurs années (DFA Records, notamment) ;
de l’autre, ceux qui se lancent et se spécialisent dans ce domaine : Krokodilo Tapes, Transgressive Records, Tesla Tapes, Fallow Music, Doctor Gone Records, Mirror Universe Tapes, Bruise Tongue Records…
« Pas un simple objet un peu “hype” »

Sean Bohrman, cofondateur du label californien Burger Records, s’enthousiasme :

« Pour nous, le retour en forme de la cassette est tout simplement génial, c’est notre pain et notre beurre. Nous en vendons des tonnes. Depuis notre création en 2007, par exemple, nous avons enregistré plus de 500 groupes sur cassettes. Pour un peu plus de 200 000 ventes au total. »

Un chiffre bien entendu à relativiser par rapport au marché de l’industrie du disque, mais qui suffit à témoigner d’une augmentation globale des ventes depuis 2007. Sean Bohrman :

« C’est un réel intérêt, et pas simplement un objet un peu “hype” que l’on prend plaisir à collectionner. Tout simplement parce que la cassette est quelque chose de physique, que l’on peut tenir et ranger chez soi contrairement à la musique numérique qui est intangible et qui peut être acquise par n’importe qui. »



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Voyant là un nouveau médium à même d’intéresser les mélomanes et autres collectionneurs, les labels français tentent eux aussi d’investir ce marché.

Parmi eux, Ateliers Ciseaux, maison-mère de plusieurs petits prodiges indés (Tops, François Virot, Best Coast…) et chapotée par Rémi Laffitte depuis 2008 :

« La production du nombre de cassettes a clairement augmenté. Nous travaillons principalement avec Tapeline, en Angleterre, pour le pressage et leur délai de fabrication a considérablement augmenté. En ce qui nous concerne, c’est difficile d’estimer tout ça en terme de ventes. Par exemple, pour la cassette de l’album de TOPS, “Tender opposites”, nous avons été surpris de voir à quelle vitesse elles se sont vendues, et principalement en France. »

Le symptôme d’une certaine nostalgie

Rémi Laffitte refuse toutefois de considérer la K7 comme un marché de niche et veut croire dans l’avenir de ce format, comme dans celui de l’industrie musicale en générale :

« De plus en plus de labels, de groupes se tournent également vers la cassette. Ces derniers temps, on assiste à cette frénétique bousculade pour l’objet limité, bientôt inaccessible. Pour certains groupes/labels, il y a une certaine légitimité à produire de petites quantités sur cassettes, d’autres s’amusent simplement à créer des frustrations. C’est la même chose pour le vinyle.

En fin de compte, on peut y voir une certaine nostalgie mais plus globale, plus liée à l’objet en tant que tel qu’à la cassette seulement. Garder une trace réelle le jour où Internet sera plongé dans un noir infini. »




Rapport qualité/prix imbattable



La raison d’être de ces cassettes en 2013 serait-elle donc à chercher du côté de cette nostalgie du vintage qui déferle dans tous les domaines artistiques (séries télé, mode…) depuis plusieurs années ? Pas seulement. Pour comprendre le phénomène, il faut également se pencher sur son faible coût de production.

Au Canada, par exemple, le pressage de 100 vinyles coûte environ 9,09 euros l’unité, contre à peine 1 euro pour les cassettes. Ajoutez à ça une production assez rapide et un prix de vente fixée régulièrement entre 5 et 6 euros, et vous comprendrez que les groupes et les labels, qui les distribuent majoritairement en concert, peuvent rapidement connaître un retour sur investissement.

« Marché de niche »



« On est toutefois plus dans la nécessité de trouver de nouveaux packaging, de trouver un autre moyen de la mettre en avant, que de se faire de l’argent. La cassette audio reste un marché de niche », tempère Virginie Berger.

En clair, la cassette audio n’est pas sans doute pas prête à révolutionner le marché de l’industrie musicale, mais elle contribue à pérenniser le format physique, et à ravir ainsi les collectionneurs.


Source : Rue89


Vous souhaitez en savoir plus : Arte Tracks - K7eurs : bandes à part - La nouvelle vie des K7

FACE2... · Ripeur / Uploadeur

23-09-13 12:08:07

02-04-12 · 553

  36 

c'est bon ça cool quand tu farfouille dans la boite, le carton ... à la recherche d'une couleur, d'un dessin ... cool

le mp3 étant tellement impersonnel, juste un nom de fichier parmi tant d'autres, aucun toucher, aucune couleur, juste des données noyées dans la masse.

cependant il faut avouer que c'est pratique, au top pour le partage et le coté nomade, l’énorme capacité de stockage dans un si petit bout de plastique est formidable, mais bon c'est fade hmm

le petit bout de plastique avec sa bande magnétique est pour moi un incontournable des supports de lecture et d'enregistrement, un truc vraiment à toi, une dynamique et un grains de son vraiment vintage, à l'époque ou toutes les productions on un son lisse et aseptisé, le coté  son analogique de la K7 a vraiment du bon cool

vous allez voir que dans quelques mois, il vont nous ressortir le bon vieux walkman de 500gr avec les écouteurs en mousse ronde, façon 80's  lol

Dernière modification par FACE2... (23-09-13 12:11:18)

Free partie !! jamais revenue neutral