#1 14-04-16 00:12:58

lapin
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Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine
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Disparue il y a tout juste quinze ans, Liza N’Eliaz a donné ses lettres de noblesse à un genre qui reste encore aujourd’hui largement incompris : la techno hardcore. Retour sur le parcours hallucinant – hélas interrompu trop tôt – de celle qui a changé la vie de toute une génération de ravers.

Astropolis 2014. Pour ses vingt ans, le festival brestois a vu les choses en grand, invitant nombre d’acteurs historiques de la techno. Sur Mekanik, le plateau hardcore, ils sont tous là : Lenny Dee, Manu le Malin, Micropoint, Laurent Hô, Armaguet Nad. La scène est dédiée à la grande absente, disparue treize ans plus tôt mais que personne n’a oubliée : Liza N’Eliaz. L’empreinte indélébile qu’elle a laissée résonne encore à travers le déluge de BPM qui s’abat sur le manoir de Keroual. Si Radium, aujourd’hui pape du genre en France, a choisi ce nom de scène en 1993, c’est aussi à partir du nom d’un morceau de Liza. En 2001, lorsque les Heretik investissent la piscine Molitor pour une free party mémorable, ils n’oublient pas de lui rendre hommage sur le flyer. Même chez les nouvelles générations, son évocation ne laisse personne indifférent. Lorsqu’on demande à Julien, jeune teufeur de 22 ans habitué des free parties franciliennes, s’il connaît Liza N’Eliaz, il répond par l’affirmative et cite même son morceau préféré, "Is It Dark ?". Pourtant Liza ne vient pas des free parties, elle en avait même horreur. Mais elle symbolise plus que tout autre l’époque dorée des raves 90’s et son courant musical le plus jusqu’au-boutiste.


UNE VIE AVANT LA TECHNO



Liza, née garçon mais se sentant profondément femme, vient de Belgique, de Flandre plus précisément, mais c’est en France qu’elle s’est révélée comme artiste et a fait l’essentiel de sa carrière. Si elle se fait remarquer dès ses débuts dans les raves parisiennes, c’est d’abord parce que, contrairement à la plupart de ses homologues, elle ne sort pas de nulle part et a déjà un passé scénique. Sensibilisée dès son plus jeune âge par son grand-père chef d’orchestre, elle fait ses gammes sur un piano et intègre un ensemble médiéval. Mais, très vite fascinée par les sons électroniques des synthétiseurs, elle rejoint plusieurs formations rock new-wave belges comme Les Tueurs de la lune de miel, Divorce et Krise Kardiak en tant que clavier. C’est en 1985, lors d’une tournée en Bretagne avec ce dernier groupe, qu’elle rencontre Yvette, celle qui va devenir sa compagne et manageuse. Liza s’installe alors dans le Finistère et commence à nourrir l’idée d’un projet solo. Elle trouve aussi son nom de scène définitif, à partir du patronyme d’Yvette Neliaz et du prénom Liza, qu’elle utilisait déjà en référence au surnom donné aux transsexuelles en Flandre. “Ça faisait une sorte d’anagramme, Liza et Neliaz se répondaient, ça sonnait bien”, se souvient Yvette. C’est également le moment où des ordinateurs personnels commencent à être commercialisés à des prix abordables, en particulier l’Atari. "Avant cela c’était trop coûteux de monter seul un projet électronique", rappelle Yvette. "Là elle pouvait faire ce qu’elle voulait." Liza se lance donc sur scène, entourée de machines et d’un ordinateur. Et chante, en trafiquant sa voie avec des filtres. Le photographe Richard Bellia, qui la voit sur scène en bas résille à ce moment-là, évoque très justement une "Marylin Monroe punk". Liza fait la première partie du groupe Minimal Compact et se produit même aux Transmusicales 1987 avec des chansons tordues, joyeuses et déjantées que le public techno ne découvrira qu’après sa mort via la sortie d’une compilation rétrospective.


UNE AURA HALLUCINANTE



"Un soir, elle est sortie dans un club d’Amsterdam, le Roxy", raconte Yvette. Le DJ résident y joue de l’acid-house, du new-beat et de la techno naissante. "Elle a eu la révélation de sa vie." Avant tout musicienne, Liza songe d’abord à produire et sortir un disque pour le dancefloor. Puis elle s’investit dans le deejaying et décroche ses premières dates à Paris, notamment dans les soirées Invaders. C’est à ce moment-là que Patrick Rognant, alors animateur et programmateur à Radio FG – qui occupe une place centrale sur la scène techno et house – décide de la faire jouer régulièrement à l’antenne. "Je la connaissais déjà comme une très bonne musicienne, mais la surprise a été de découvrir qu’elle était aussi une excellente DJ. Elle est en quelque sorte devenue résidente de mes émissions." Sa carrière démarre rapidement, d’autant qu’il y a peu de bons DJ’s avec une vraie culture musicale sur une scène rave alors balbutiante. Elle est aussi plus âgée que la plupart des participants et cultive désormais un look psychédélique, revêtant des tenues bariolées peintes à la main par Yvette. "Quand tu arrivais dans une soirée et qu’elle était là, tu ne voyais qu’elle", se souvient Morgan, fan de la première heure. "Toutes ces couleurs et sa personnalité androgyne tranchaient pas mal dans le milieu. Elle dégageait une aura hallucinante, presque extraterrestre. On se posait beaucoup de questions sur elle." Liza est dans le même temps décrite comme une personne calme, discrète et réservée, assez éloignée de la musique de plus en plus énergique qu’elle distille aux oreilles de son public, jouant tête baissée et ne décollant jamais les yeux de ses platines. Elle est aussi ultraperfectionniste, comme se remémore King Smoke de GTI, l’un des tout premiers labels hardcore français. "J’ai eu l’occasion de fouiller dans son bac de disques et j’ai remarqué que sur chaque vinyle il y avait des annotations, les BPM de chaque morceau étaient indiqués. C’est la seule personne que je connaisse qui faisait cela. Elle prenait les choses très au sérieux."

Liza N'Eliaz à la rave Metamorphose au Bourget (1993)


LAST NIGHT LIZA SAVED MY LIFE



Liza est ainsi l’une des premières à mixer sur trois, voire quatre platines. Sa technicité impressionne ses camarades comme Jeff Mills, qui la regarde jouer, subjugué, lors d’une rave à l’Abbaye du Moncel en 1993. Dans le même temps, sa musique se radicalise petit à petit sous l’influence de la Belgique et de la Hollande. "Aux États-Unis, un DJ du nom d’Omar Santana va décider d’un seul coup de tout accélérer à 200 BPM. Lenny Dee va embrayer. Ainsi que les Hollandais avec le gabber", explique Patrick Rognant. Le hardcore tel qu’on le connaît aujourd’hui est né. Liza s’engouffre dans la brèche et fait découvrir ce son nouveau au public français. "Jouer à ces vitesses-là, il fallait pouvoir le faire. Ce n’était pas donné à tout le monde", ajoute, admirative, Yvette Neliaz. Désormais, dans les raves, beaucoup de jeunes DJ’s viennent regarder Liza mixer et s’inspirer de sa musique et de sa technicité. "Des gens qui ont maintenant 35/40 ans me disent que Liza a changé leur vie. Qu’ils n’étaient plus les mêmes en sortant de la soirée", raconte Yvette. Ainsi, les premiers labels hardcore hexagonaux se montent dès 1994 : Epiteth de Laurent Hô, GTI, Explore Toi. Liza, elle, démarre bientôt une carrière à l’international en jouant à Mayday, la plus grande rave allemande de l’époque, mais aussi à l’Energy de Zurich et à Hellraiser en Hollande, se produisant devant des milliers de personnes. En France, on la retrouve à Borealis ainsi qu’à la première édition d’Astropolis. À Paris, la scène rave, au départ unie, s’est séparée en plusieurs chapelles : techno, trance, hardcore… tandis que la house a repris le chemin des clubs. Liza se produit donc désormais dans des soirées dédiées au hardcore, notamment celles qu’Armaguet Nad organise mensuellement et dont elle est résidente. "Ce qui me plaisait dans les sets de Liza, c’est que c’était un peu plus fouillis que d’autres", résume King Smoke. "Elle avait l’art de raconter une histoire mais ça pouvait partir dans tous les sens. C’était un peu le train fantôme du hardcore."

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FIN DE RÈGNE



Alors que la scène hardcore se scinde elle-même en plusieurs entités, entre ceux défendant une musique très sombre et d’autres, à l’inverse, se dirigeant vers quelque chose de très happy/cheesy, Liza poursuit dans une voie très personnelle : le psychédélisme. Elle accélère encore le tempo et dépasse désormais allégrement les 250 BPM, inventant de toutes pièces ce qu’on appellera bientôt le speedcore. Après avoir signé des maxis sur des labels aussi divers qu’Atom, Bonzai ou Mokum, elle crée le sien, Provision, en 1997. La même année est aussi l’occasion d’un moment de bravoure lors d’Astropolis. Dans la crypte du château de Keriolet, elle entame un ping-pong anthologique avec son complice Jeff Mills. Une partie de l’assistance exulte, l’autre moins. "À la fin, Liza en avait un peu marre parce que son public était plus fanatique qu’elle. Certains ne comprenaient pas qu’elle joue avec Jeff, pour eux c’était un mec commercial. Ça l’avait vraiment énervée", précise Yvette. "Tout comme elle ne supportait pas ce surnom qu’on lui avait donné, Queen Of Terror. Elle n’avait pas l’intention de terroriser les gens. Elle voyait sa musique comme quelque chose de joyeux et pas du tout méchant, dark. Elle avait un côté très cartoonesque même." Les temps changent aussi dans le milieu de la techno. D’un côté, les raves hardcore ont quasiment disparu au profit des free parties, avec une exigence musicale moindre, dans lesquelles Liza ne se reconnaît pas du tout. De l’autre, des guerres intestines dans une scène qui s’est professionnalisée. "Après le mythe anti star-system, certains DJ’s ont voulu devenir des stars. Cela a provoqué beaucoup de compétitions, de jalousies, de coups bas. Liza n’était pas du tout dans ce délire", conclut Patrick Rognant. Elle continue de se produire, mais moins régulièrement, d’autant qu’elle ne fait aucune concession musicale. Elle est même obligée de reprendre un boulot de secrétaire. Le 19 février 2001, elle décède des suites d’un cancer du poumon. Depuis, le hardcore a beaucoup perdu de son aspect expérimental et s’est formaté à l’extrême. Autant dire que la perte de Liza fut immense.



Source : Tsugi via Chaud la Tekno

Retrouvez une belle collection de flyers de Liza N'Eliaz => http://www.bassexpression.com/viewtopic.php?id=1651

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#2 14-04-16 07:27:10

remslecmi
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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

Merci lapin !!!
Son style musiquale restera gravé à jamais et Liza aussi !!!!

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#3 14-04-16 10:17:45

jefbzh
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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

super article me rappelle encore en soirée de l'annonce de sa mort
c'est sur qui fallait au moins la voir jouer 1 fois ds sa life
vibes

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"Les jeux d'ordinateur n'ont pas de répercutions sur la santé des enfants, je veux dire si Pacman nous avait affecté étant gosses, on courrait tous dans une salle obscure, en bouffant des comprimés et en écoutant de la musique répétitive..."

#4 15-04-16 16:58:09

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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

La mamie d'la tekno, Liza était une bonne artiste & dj, création de son label Provision Records en 1997

Good Vibes, merci Lapin un bonne article

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« Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie. » William Blake

#5 18-06-17 12:11:18

lapin
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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

Trésor caché – Liza’N’Eliaz
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Aux yeux du grand public, Liza'N'Eliaz reste sans doute le secret le plus précieux de la scène techno française. Du côté de l'underground, en revanche, l’absence de reconnaissance accordée à la Flamande, née garçon à la fin des années 1950 et décédée en 2001, reste à n'en pas douter parmi les plus grandes injustices de l'histoire des musiques électroniques. Il y en a, en effet, des choses à dire sur celle qui, autrefois, influençait Jeff Mills, jouait ses sets à 250 BPM et inventait par la même occasion le speedcore, l'un des genres les plus extrêmes de la scène techno, toujours largement incompris aujourd’hui.


Écrire sur Liza'N’Eliaz en 2017, c’est se laisser envahir par une multitude d’images, de flashs et de souvenirs qui permettent de mesurer la rapidité du temps qui a coulé : défilent ainsi comme un film en accéléré les premiers échos des rave parties, l’apparition de la scène hardcore, la claque provoquée par ses sets au festival Astropolis ou ailleurs qui faisaient vieillir d’un seul coup les grands noms des musiques électroniques, ou encore l’émergence en Belgique de jeunes groupes mélancoliques jouant la mine basse un rock qui fera les grandes heures du label Les Disques du Crépuscule. On est alors plongé dans les années 1980 et Liza, née garçon un jour de février 1958, commence à se faire un nom au sein de la scène belge, option new wave. On l’entend aux claviers des Tueurs De La Lune De Miel, de Divorce ou encore de Krise Kardiak. Un temps, Liza participe même aux tournées, sans réellement savoir que cette vie sur la route s’apprête à chambouler le destin qu’elle semblait s’être tracée.


La scène se passe en 1985, lors d’un concert en Bretagne de Krise Kardiak. Au sein du public, une certaine Yvette, celle-là même qui deviendra sa compagne, sa muse et sa manageuse. Aucun doute : le coup de foudre est total, si bien que Liza s’installe rapidement dans le Finistère, songe à réinventer sa carrière et se trouve un nouveau pseudonyme : Liza’N’Eliaz. «Liza», parce que c’est le surnom donné aux transsexuelles en Flandres ; «Neliaz», parce qu’il s’agit du nom de famille d’Yvette. À la fois simple et réfléchi, ce surnom fait presque office de révélation, comme si Liza pouvait désormais s’affirmer pleinement. Mais une seconde révélation intervient peu de temps après. À Amsterdam, cette fois. Partie taquiner le dancefloor du Roxy avec Yvette, Liza tombe cette nuit-là sous le charme de l’acid-house, de la new beat et de toute cette scène techno qui s’apprête à émerger et qui saura lui rendre hommage – dans les années 1990, Daniel Técoult apparaît sur la scène française et choisit Radium comme pseudo, en référence à un morceau de Liza paru en 1993.


Pour l’heure, Liza doit encore faire ses preuves. Dans les boîtes parisiennes, de préférence. Elle le sait, c’est ici que tout se joue au début des années 1990. Un temps, on l’entend mixer dans les soirées Invaders, puis sur les antennes de Radio FG, alors pilotée par Patrick Rognant, voix mythique des 90’s à qui l’on doit entre mille autres choses les émissions Rave Up. À chaque fois, c’est le coup de cœur : sa sélection fait mouche, ses mixs intriguent. Et, visiblement, sa différence d’âge avec les autres DJ’s de la scène hardcore, souvent plus jeunes, n’est pas un problème. Au contraire, son look - créé sur-mesure par Yvette -, son bagage musical (son grand-père était chef d’orchestre, elle a fait partie d’un ensemble médiéval, etc.) et sa technique fascinent.  «On a encore le souvenir de Liza, nous expliquant que jouer avec quatre platines, c’était cool, car avec quatre disques à 120 BPM, légèrement décalés, on arrivait à 480 BPM, rembobinait le co-fondateur d’Astropolis, Matthieu Guerre-Berthelot, à Sourdoreille, avant d’évoquer son live lors de son passage au festival en 1995. Son set, avec Laurent Hô, fut incroyable, atomique. Vingt ans après, des dizaines de personnes nous en parlent encore…»


Rapidement, Liza se crée une réputation. Ce n’est pas la personnalité la plus excentrique du circuit, mais c’est sans doute l’une des DJ’s les plus iconiques. Les plus techniques également. Jeff Mills et Manu Le Malin, à qui elle a fait découvrir le hardcore, sauront s’en souvenir. Tout comme les multiples scènes qu’elle arpente au mitan des nineties : de Mayday à l’Energy de Zurich, en passant par Hellraiser en Hollande ou Borealis et Astropolis en France, Liza figure au programme de nombreux rassemblements devenus fondateurs de l’esprit hardcore. Ses productions, qu’elle signe sur divers labels, (Atom, Mokum, Bonzai ou Provision, qu’elle fonde en 1997), sont elles aussi très prisées. Déjà, parce qu’elles sont rares, même si les compilations Uncivilized World en ont regroupé un paquet, mais aussi parce qu’elles ont régulièrement été composées aux côtés de figures phares de la techno : que ce soit Energy Boost avec DJ Dano, Quantized Particles avec Loren.X ou CTRL 3 avec Laurent Hô, tous témoignent d’une richesse musicale bien plus vaste que peuvent le laisser croire ceux qui ne voient le hardcore que comme une musique pour jeunes drogués inconscients et décérébrés.


À l’inverse, chez Liza, tout est réglé comme du papier à musique : c’est une musicienne précise, et cette précision, ce désir de perfection formelle atteint parfois des sommets de maniaquerie, comme lorsqu’elle note et classe ses différents vinyles en fonction de leur BPM. Voilà sans doute pourquoi la Flamande a toujours détesté qu’on la surnomme la «Queen Of Terror».  Certes, la musique de Liza est éprouvante pour les nerfs, physique, et s’écoute seulement très fort, mais elle est également bien plus que ça. Une preuve ? On en a même deux : le titre Y’a des nuages, sorte de pop électronique complètement déréglée et chantée en français, et le single Blue & Red City, où elle se laisse aller à ses délires synth-pop. Ce qui en dit long sur les influences de Liza, sur son savoir-faire mélodique et sur la façon dont s'est construite sa légende.


Le reste de la mythologie qui accompagne aujourd’hui encore Liza'N’Eliaz, c’est une succession de rendez-vous manqués. Alors que les musiques électroniques se professionnalisent, elle, préfère la voie des éternels puristes, des défenseurs de l’esprit originel d’une scène en plein boom commercial. Les DJ’s peuvent bien être devenus les stars de l’époque, céder parfois à l’autoparodie, Liza s’en fiche pas mal : elle maintient le cap, mixe moins, prend peu à peu ses distances et finit même par se dégotter un boulot de secrétaire histoire d’assurer son train de vie. Loin, en somme, des louanges qu’elle mériterait, et qu’elle ne connaîtra jamais. La faute à un cancer du poumon, qui l’emporte le 19 février 2001, renforçant encore un peu plus son aura mystérieuse.



Source : Brain Magazine

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#6 18-06-17 12:26:17

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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

Merci lapin c était super a lire

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Le gras c est bon

#7 18-06-17 13:10:04

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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

"absence de reconnaissance de l'underground" je trouve ça osé perso.
encore un journaliste de babylone panam ? ^^
respect forever.

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.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2

#8 08-01-18 21:59:01

Irrititation Globale
Je viens d'arriver, je paye ma tournée !!
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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

Le temps a passé si vite depuis que j'ai eu la chance de suivre Liza, à partir de 1992. Liza était un phénomène original à cette époque. Dès qu'elle passait aux platines, ça s'entendais tout de suite, et après c'était un festival de son et d'humour virevoltant. C'était une vraie artiste, qui donnait des noms d'oeuvres à ses mixes.  Je me souviens avec quel bonheur, nous découvrions chaque nouveau set, ils avaient tous un état d'esprit, de la nouveauté, avec toujours du fun, mais aussi de la virtuosité. Ce qui était cool dans ces années 92-93, c'est que divers sons pouvaient s'entendre dans une même soirée. Du coup, tous les Djs étaient mis en valeur, dans leur originalités propres. Liza, était une pierre précieuse dans la musique électronique. Merci pour ton article.

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#9 17-01-18 00:14:10

fonceka
Je viens d'arriver, je paye ma tournée !!
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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

J'ai deux souvenirs précis avec Liza.
Le premier, c'est lorsqu'elle était venu nous rendre visite chez nous, dans notre petit appart' du 18è. Nous avions à l'époque un voisin qui ne supportait pas le bruit. Le pauvre nous avait hérité comme voisin ! Liza et Yvette étaient donc chez nous et nous écoutions son dernier mix. Le voisin a pété un plomb. Il a pris sa perceuse ou sa ponceuse ou je ne sais quel outil il avait sous la main (il était plombier) et a commencé à faire tourner l'engin à vide, contre le mur mitoyen, pour couvrir notre son ! Le mur n'était pas bien épais. Ça faisait UN BRUIT D'ENFEEER dans notre salon ! On se serait cru à Hellraiser à 3h du mat' collé à l'enceinte 8-) Et je me souviendrai toujours de la tête de Liza, qui ne comprenait pas d'où venait le son, et qui a halluciné lorsqu'elle a compris ! Elle a même proposé d'arrêter son mix :-) La preuve qu'elle n'était pas une hooligan. C'était une vraie dame. Elle n'aimait pas déranger.
La deuxième anecdote se passe en Hollande, pendant les grandes années du gabber. Nous étions passé au Paradiso pour écouter Liza, et notre plan était d'enchaîner avec un soirée gabber à Zandaam. Liza avait fini son mix, et nous étions passé la voir backstage pour lui dire que nous partions. Elle nous a supplié de les emmener, Yvette et elle, loin de cette soirée ennuyeuse (le Paradiso est une ancienne église en plein coeur Amsterdam, et les soirées y sont plutôt sages, pour ne pas dire snob). On leur a dit qu'on allait écouter du gabber. Elles ont dit ok pourquoi pas. On les a donc emmenées. C'était une vraie soirée pour amateurs, une soirée déchaînée, pas comme les grosses dates commerciales qui commençaient à envahir les calendriers hollandais. Liza et Yvette ont A-DO-Ré ! Je revois Liza à la fin de la fête venir nous remercier :-) La reine du hardcore n'était pas sectaire. Contrairement à pas mal de mes potes français de l'époque qui me dénigraient parce que j'aimais le hardcore hollandais, elle savait apprécier quand c'était la fête pour de vrai-qu'importe le style de zik.
Mes hommages à toi, Liza ! Tu nous manques, et nous pensons toujours tellement à toi !

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#10 05-10-18 18:14:11

vdbdd
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Re : Liza N'Eliaz : quand le hardcore avait une reine

un petit article sur elle, qui date pas d'hier, si quelqu'un peut mettre les photos directement sur le site moi j'ai rien pigé : https://mega.nz/#!OGIwgI5Z!k6NzEInWEfVN … Vhv6mPCJUE

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