#1 22-01-18 16:43:06

lapin
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Tribune de Freeform sur leur vision de l'avenir de la Free Party

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Légal ou illégal? Penser l'avenir de la fête libre au delà des mots et des postures



La fête libre à 30 ans, l’âge de la maturité ? Née outre-Manche, elle a grandi à l’abri des bus des travelers, nourrie des valeurs de partage, d’écologie et de DIY. Son adolescence turbulente a laissé des traces, des excès, des débordements et quelques erreurs de jeunesse. Elle a squatté dans les 508, trainé sur la banquette arrière défoncée d’une 205 à Marigny, eu quelques ennuis avec la police à Milan ou en Tchéquie. Perdu des amis aussi. A squatter la rubrique des faits divers, elle a parfois un peu perdu ses repères mais elle a continué à évoluer, à grandir, à nous faire vibrer en liberté.

Cette liberté, nous l’avons gagné, nous la vivons tout au long des années. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, les sound systems français sont légion, les fêtes multitude. En tentant en 2001 d’éteindre ce feu de liberté avec l'amendement Mariani, l’état a obtenu l’effet inverse. Il a sauté à pieds joints sur le foyer et les braises dispersées ont volé au vent, allumant de multiples brasiers, au fond de la campagne bretonne, dans la montagne noire, dans les villes et les villages.

Mais en faisant cette loi, il a aussi posé les bases d’un piège au long cours, d’une illusion sémantique qui nous fait plus de mal que toutes les saisies réunies. Il dessiné une frontière imaginaire: légal ou illégal. Il nous a défini en fonction du code pénal. Avant 2002, cette distinction n’existait pas. Les free existaient en tant que telles, certaines créaient des problèmes avec des conséquences, d’autres non. Saccager un bâtiment pour faire la fête était illégal, danser devant une usine en friche ne l’était pas. Point.

Cette ligne artificielle, dessinée par un député et appliquée tant bien que mal par un gendarme, le peuple tekno, se l’est appropriée comme un otage frappé du syndrome de Stockholm. Certains se sont mis a l’aduler, a l’idolâtrer. Illégale tekno ! Comme si c’est le code pénal qui les faisait exister et non leur passion et leur talent. Ce sont nos actes qui définissent ce que nous sommes et non le petit livre rouge.

Pourtant, à force de s’entendre dire : ce que vous faites est illégal, même quand nous sommes 10 dans notre jardin, nous avons accepté ce mot. Il est devenu un étendard et pire, une revendication. « La free party doit rester illégale » cela résonne comme un mantra, un slogan absurde. Avant la loi de 2002, elle n’était pas illégale et pourtant elle était déjà libre. Le jour où cette loi disparaîtra, la fête libre existera toujours.

Ce qui importe c’est ce qu’elle apporte, ce qu’elle donne, ce que qu’elle prouve, pas le numéro de l’article qui parle d’elle.
Si on y regarde de près, ce qui se joue dans la free party c’est une vraie redéfinition des paradigmes, des expérimentations culturelles, un modèle d’organisation sociale basé sur le partage, le don, le bénévolat et le respect de l’autre.

Il est temps que cela soit entendu

Il est aussi temps de cesser de se tromper d’ennemi. L’ennemi, ce n’est pas la loi ou l’état.

Notre véritable ennemi, c’est la marchandisation de tout, les sensations et les émotions. C’est l’ultralibéralisme avec ses micro-paiements et son besoin de tout contrôler pour pouvoir tout vendre, jusqu’à l’eau que nous buvons, et bientôt le peu d’air pur qu'il restera.

Notre vrai combat, il est là et non contre les outils que cette puissance utilise pour arriver à ses fins.

Notre vraie mission, c’est de partager au maximum notre culture et notre vision du monde. Nos valeurs de partage, de tolérance, d’ouverture, le prix libre sont de belles idées qui valent le coup de se battre pour elles, mais sans se tromper d’adversaire.

Nous devons sortir de ce faux combat pour aller vers l’avenir. La free party ne sera pas la révolution, mais elle peut être à l’origine d’une évolution.

Pour cela, nous allons aussi devoir évoluer, faire bouger les marqueurs de notre monde.

Beaucoup craignent qu’en s’ouvrant, la fête libre cesse de l’être. Cette peur est légitime. Tant d’utopies avant nous ont finis dans les rayons de la FNAC, de Woodstock aux Sex Pistols.

Mais notre chance, c’est que nous ne sommes pas uniquement une musique et même pas uniquement une culture. La techno, les raves party sont déjà récupérées. Les multinationales cotées en bourse investissent dans les giga-festivals en Hollande, Daft Punk ou Skrillex sont chez les majors compagnies et ce ne sont pas nos rééditions du Nawak 01 qui enrichiraient Sony !

Les hommes d’affaire n’ont rien à nous prendre car nous n’avons rien qui les intéresse.

Ce que dont nous sommes riches n’a pas de prix et nous pouvons le partager à l’infini.

Il est temps de sortir du bois. Cela fait 30 ans que la fête libre existe, elle a traversé bien des crises et elle est forte. Elle ne perdra pas son âme à échanger un peu, à faire quelques concessions pour que son message soit plus clair.

Nous devons rétablir le dialogue avec les agriculteurs, les mairies des zones rurales. Notre message ne sera jamais entendu si nous continuons à ravager régulièrement des cultures bios ou le fourrage d’éleveurs qui préfèrent nourrir leurs bêtes avec des aliments naturels plutôt qu’avec des granulés. Nous ne pouvons pas continuer à monter le volume, à faire grossir les sonos indéfiniment sur des terrains utilisés 20 fois par an avec pour seule justification le manque d’imagination ! Nous ne pouvons continuer à nous dire sensibles à la nature et piétiner des zones Natura 2000 sans même y faire attention. Nous ne pouvons pas être plus beaufs que les plus beaufs des conducteurs de 4x4 en traversant les forêts en convois pour poser dans une clairière isolée et continuer à penser que nos actes n’ont pas de conséquences pour la nature.

Convainquons, démontrons que notre mouvement et ses valeurs, peuvent participer à définir de nouveaux rapports humains et, si nous ne changerons pas le monde, au moins tenter de l’améliorer.

S’il y a une guerre à mener, c’est celle contre la mondialisation à outrance, l'ultra-libéralisme et l’uniformisation, pas le combat contre les agriculteurs, la nature, les maires les riverains ou même les gendarmes. Nos fêtes peuvent se faire avec plus de concertation, plus de respect et être plus ouvertes au monde, tout en gardant les valeurs qui sont les nôtres. C’est à nous de définir la limite de ce qui est acceptable et de ce que nous ne voulons pas.

Pour nous, le combat n’est pas entre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas mais entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Entre ce qui correspond à notre vision de la fête libre, du rôle de la culture, du monde et ce qui nous dessert et empêche notre message de passer.

Certaines fêtes doivent rester clandestines pour exister, d’autres peuvent trouver leur place et être acceptées, mais qu’elles soient officielles ou non, l’important c’est que les valeurs de fête libre s’y trouvent et que nous puissions en être fiers.

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#2 22-01-18 20:06:41

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Re : Tribune de Freeform sur leur vision de l'avenir de la Free Party

Beaucoup pensent que les free teuffeurs sont du darkside of the force.

le contraire viens d'etre prouvé.

Il est vrai que les francais sont révolutionnaires.

Je pense que la revolution c'est dans la tete qu'elle doit d'abord se faire pour que cela se répercute dans les comportements de chacun. Pas l'inverse. Se comporter comme des revolutionnaires pour que rien ne change sans les mentalité c'est naze.

les teufs sont là pour ça ! changer nos mentalités pour ensuite faire la revolution aupres d'un environnement hostile : la vie de tout les jours qui nous est imposé.

Teuffer pour changer le monde et non pas changer le monde pour teuffer !

Voilà. merci a BE et a freefrom pour cette nouvelle ouverture d'esprit, livrée @home. Comme quoi... smile

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